Test Avis Projecteurs
Ecran projection ALR NothingProjector Classic Series: test / avis
Publié le: 19-04-2026 / Modifié le: 08-05-2026
J'ai testé une trentaine d'écrans ces deux dernières années en utilisant le même protocole afin de pouvoir les comparer dans des conditions identiques. La marque NothingProjector n'est sans doute pas encore très connue en Europe, mais ses écrans occupent presque toujours le top 5 de mes classements. La force de NothingProjector, c'est surtout le rapport qualité/prix. D'un point de vue technique, leurs écrans peuvent rivaliser avec des modèles de marques bien plus connues sans pour autant vous obliger à vendre un rein pour vous offrir un bon écran.
La gamme BlackSeries existe maintenant depuis environ deux ans et, en ce début 2026, une nouvelle gamme prend le relais : la gamme Classics. Elle reprend les bases de la BlackSeries tout en proposant un prix encore plus compétitif. Ça paraît presque trop beau pour être vrai ? C'est justement ce que je vous propose de découvrir dans ce test.
L'écran que je vais tester ici est un écran ALR motorisé à déploiement depuis le sol, conçu pour les projecteurs à focale ultra courte. La même toile pourrait également être utilisée plus tard dans des versions à cadre fixe.
Où acheter
La nouvelle gamme NothingProjector Classics est bien évidemment disponible sur le site officiel de NothingProjector : NothingProjector Classics
Au moment de réaliser ce test, ce type d'écran est disponible en quatre tailles : 84, 92, 100 et 120 pouces.
Les prix varient entre 700 et 1400 €, mais ils évolueront évidemment avec le temps.
Protocole de test
Quand je teste un écran, je ne me contente pas de donner un avis subjectif. J'utilise un protocole chiffré qui me permet de comparer les qualités des écrans dans des conditions identiques. J'ai utilisé ce protocole pendant deux ans, mais je vais maintenant le faire évoluer et retester les écrans que j'ai encore afin de les faire passer par cette nouvelle version. Ce NothingProjector Classics sera le premier à passer par ce protocole, et j'ajouterai déjà une comparaison avec le BlackSeries dans cet article pour vous aider à choisir.
En quoi consiste mon protocole ?
* je teste systématiquement les écrans avec un projecteur UST et un projecteur à focale longue, même si l'écran n'est pas conçu pour ça
* j'utilise une référence stable en téflon PTFE pour sa neutralité spectrale et son comportement de réflexion de la lumière
* j'utilise un spectroradiomètre avec une résolution de 2 nm
* je teste les écrans dans l'obscurité totale et avec une luminosité ambiante stable (éclairage identique)
* j'utilise un niveau et un laser afin de conserver exactement le même angle et la même distance
Ce que ce protocole permet de tester :
* le gain en luminance
* l'angle de vision
* la déviation colorimétrique
* l'uniformité
Aperçu
L'écran NothingProjector Classics est un écran ALR conçu pour les projecteurs à focale ultra courte comme le Formovie Theater Premium ou le XGIMI Aura 2. Il est composé d'une structure à lamelles horizontales, visibles lorsque l'on s'approche de l'écran. Cette structure a pour but de canaliser la lumière afin de la renvoyer vers le spectateur plutôt que dans toutes les directions.
Si vous vous souvenez de vos cours de physique, l'angle d'incidence est égal à l'angle de réflexion. Cela signifie que, sur un écran classique, une lumière venant d'en haut ou des côtés sera réfléchie avec le même angle de l'autre côté. Une partie importante de cette lumière est donc perdue. Avec un écran ALR, la lumière venant d'en haut (par exemple un éclairage ambiant) est capturée par l'écran et la perte de luminance est nettement réduite.
Ce type d'écran est composé de sept couches. Je n'ai pas la possibilité de le vérifier, mais au final ce n'est pas vraiment ce qui compte. Ce qui importe, c'est le résultat obtenu. Il n'y a par exemple aucune information sur la capacité de cet écran à contrôler le speckle, alors que c'est un critère important si vous utilisez un projecteur triple laser.
J'ai testé la version motorisée de 100 pouces et, comme je possède déjà un modèle motorisé de 120 pouces, je n'ai pas démonté mon installation actuelle pour le remplacer. C'est pour cette raison que je l'ai laissé en dehors du meuble. La première chose qui m'a marqué lorsque j'ai activé l'écran, c'est son bruit de fonctionnement. Mon écran 120 pouces (NothingProjector BlackSeries) est très bruyant lorsqu'il se déploie. Ce nouveau modèle est nettement plus discret.
Si vous n'avez jamais utilisé ce type d'écran, vous serez sans doute surpris par l'odeur chimique dégagée durant les premières heures d'utilisation. Ce NothingProjector Classics ne sent pas particulièrement bon à l'ouverture, mais l'odeur est nettement moins prononcée que sur les précédents écrans que j'ai testés. Je me souviens des premiers écrans ALR pour lesquels je devais ouvrir la fenêtre pour évacuer l'odeur. Ici, elle reste perceptible, mais moins forte et elle se dissipe assez rapidement.
Sur les photos, cet écran paraît léger et facile à transporter. Ce n'est pas du tout le cas. Ces écrans motorisés sont très lourds et pèsent environ 30 kg selon la taille. Vous ne pourrez donc pas les déplacer facilement. Même s'ils peuvent être installés au niveau du sol, un meuble conçu pour cet usage apportera un meilleur confort de vision si vous n'êtes pas assis parfaitement à la verticale.
J'ai testé un meuble TV parfaitement adapté à ce type d'écran ici : Meuble projecteur Shore RolaTV
Je n'ai pas intégré cet écran dans mon meuble pour des raisons pratiques. Il aurait fallu retirer mon 120 pouces, mais cet écran est lourd et encombrant, et je n'avais pas la place de le stocker ailleurs. J'ai donc testé le 100 pouces posé sur le meuble plutôt qu'à l'intérieur, et cela fonctionne très bien aussi.
Gain
Les écrans de ce type ont en principe un gain inférieur à 1, car leur texture et leur couleur renvoient toujours moins de lumière qu'un écran blanc. J'ai testé le gain dans l'obscurité ainsi qu'en pleine lumière, car le résultat n'est pas le même. Cela permet de voir dans quelle mesure l'écran est capable d'absorber la lumière ambiante.
Projecteur à focale ultra courte
Obscurité
J'ai mesuré le gain pour une image complètement blanche et fait la même chose pour une image complètement noire. J'ai obtenu un gain de 0,8 pour le blanc et 0,66 pour le noir. Ce premier résultat est intéressant, car il montre une dégradation plus importante du noir, ce qui aboutit à une augmentation du contraste perçu. Je reviendrai sur ce point plus loin dans le test.
Lumière forte
Le test sous forte lumière permet de constater que le gain change, mais aussi d'estimer l'efficacité de l'écran pour lutter contre la lumière ambiante. Les projecteurs ne sont pas conçus pour être utilisés en pleine lumière du jour, car cela affecte toujours fortement le contraste. Le but d'un écran ALR est justement de limiter cette perte.
J'ai mesuré un gain de 0,74 sur le blanc et de 0,56 sur le noir. La lumière ambiante affecte donc le gain, ce qui est normal. La vraie question est de savoir dans quelle mesure cette perte est mieux maîtrisée que sur une surface neutre ou un autre écran du même type. Ici, la réduction du niveau de noir est plus importante que celle du blanc, et c'est précisément le comportement recherché afin d'éviter que le noir ne vire trop rapidement vers le gris. Avec un écran blanc, le noir apparaît rapidement comme un gris délavé. Avec un écran ALR, ce problème est mieux maîtrisé, et cela se voit clairement dans les résultats.
Et au niveau des couleurs ?
Application concrète
Comment devez-vous utiliser cette valeur de gain dans votre propre installation ? C'est assez simple. Les constructeurs communiquent tous la luminosité de leurs projecteurs en lumens. En pratique, ces valeurs sont souvent optimistes et varient fortement d'un modèle à l'autre. Ce que je vous conseille, c'est de prendre environ 60 % de la valeur annoncée par le constructeur, puis d'appliquer le gain de l'écran.
Exemple :
Si vous avez un projecteur annoncé à 3000 lumens, il faut plutôt considérer qu'environ 1800 lumens sont réellement exploitables. Vous devez ensuite appliquer le gain mesuré dans ce test.
À la lumière du jour, il ne vous reste donc plus qu'environ 1332 lumens avec cet écran, et 1440 lumens dans l'obscurité.
Est-ce suffisant ? Oui, tant que vous ne dépassez pas 130 pouces. Ça tombe bien, cet écran est disponible jusqu'à 120 pouces.
Je vais vous donner ici une estimation théorique du minimum recommandé en lumens pour chaque taille d'écran :
* écran 84 pouces : 550 lumens
* écran 92 pouces : 655 lumens
* écran 100 pouces : 775 lumens
* écran 120 pouces : 1110 lumens
N'oubliez pas de multiplier la luminosité annoncée du projecteur par 0,6 afin d'obtenir une estimation plus réaliste des lumens exploitables, puis d'appliquer le gain calculé dans ce test. Avec cette valeur, vous pourrez vérifier si votre projecteur est adapté à la taille d'écran envisagée.
Projecteur à focale longue
Ce type d'écran n'est pas optimisé pour les projecteurs à focale longue, mais cela ne veut pas dire qu'il est inutilisable. Vous allez simplement perdre beaucoup plus de luminance.
Obscurité
J'ai mesuré un gain de 0,3 pour le blanc et de 0,5 pour le noir. La perte de luminance est énorme. C'est pour cette raison qu'à moins de disposer d'un projecteur très lumineux, ce type d'écran n'est pas adapté aux focales longues.
Lumière forte
J'ai mesuré un gain de 0,33 pour le blanc et de 0,33 pour le noir. La perte est ici aussi très importante, mais cela montre également que l'écran n'a presque aucune influence sur le rejet de lumière dans cette configuration.
Contraste
Si vous êtes rapide en calcul mental, vous avez sans doute remarqué que le noir baisse plus fortement que le blanc dans mes mesures précédentes. Le contraste augmente donc mécaniquement. C'est l'une des forces de cet écran : même si toute l'image devient un peu plus sombre, la baisse du niveau de noir est plus importante. Il faut cependant rester réaliste : les écrans ALR ne sont pas des solutions miracles capables de transformer un projecteur médiocre en machine de guerre du home cinéma.
Obscurité
J'ai obtenu un contraste de 1122:1 avec ma surface neutre et de 1368:1 avec l'écran, soit un gain de contraste de 21,9 %.
Lumière forte
J'ai obtenu un contraste de 14:1 avec la surface neutre. C'est une perte gigantesque qui montre bien qu'un écran blanc produit une image complètement délavée en pleine lumière. Avec l'écran ALR, j'obtiens un contraste de 21:1. Ce n'est pas non plus exceptionnel, mais cela montre qu'il faut toujours accepter une forte perte de contraste lorsqu'on utilise un projecteur en plein jour. Le résultat reste nettement supérieur à celui d'un écran blanc, mais on s'éloigne clairement d'une expérience cinématographique. C'est principalement l'augmentation de la luminance du noir qui provoque ce problème : le noir cesse d'être noir et tend progressivement vers le gris.
Colorimétrie
Les écrans de ce type sont gris et, par rapport à un écran blanc, ils provoquent toujours une déviation colorimétrique. Cela vous obligera généralement à effectuer quelques réglages sur le projecteur afin de compenser ces écarts. Une calibration reste la seule solution réellement fiable pour corriger le problème, mais je vais déjà vous donner un aperçu des changements observés.
Voici la distribution spectrale du blanc généré par un projecteur laser sur l'écran NothingProjector :
J'ai réalisé la même mesure avec ma surface neutre en téflon. À la base, je voulais superposer les deux graphiques, mais le résultat n'était pas très lisible. J'ai donc créé un graphique qui montre uniquement les différences :
Ce graphique illustre les différences pour chaque longueur d'onde entre la plaque de téflon servant de référence et l'écran ALR. On observe ici des écarts plus importants après le mauve, au début du cyan et ensuite au début du rouge. La courbe inférieure montre qu'une couleur est davantage absorbée par l'écran, tandis qu'une courbe positive indique qu'elle est renforcée.
Il ne faut pas trop se focaliser sur l'effet local d'un pic ou d'un creux. Il faut plutôt observer le comportement global afin de comprendre l'impact sur l'ensemble des couleurs. Le creux visible au centre, par exemple, n'est pas compensé ailleurs, et c'est précisément ce type de déséquilibre qui influence la teinte globale de l'image.
Les écrans ALR ont souvent tendance à refroidir l'image, et c'est également le cas ici.
Ce graphique illustre la déviation colorimétrique d'une manière plus simple à comprendre. J'ai mesuré le blanc sur cet écran puis je l'ai comparé à ma surface neutre en téflon. On voit ici que le bleu est fortement accentué, que le vert reste presque neutre et que le rouge est légèrement renforcé. Le blanc aura donc une apparence plus froide.
Comme c'est le cas avec tous les écrans de ce type, la vraie question est de savoir dans quel ordre de grandeur se situe cette dérive par rapport à un autre écran ALR.
Voici le résultat pour le NothingProjector BlackSeries :
Le renforcement du bleu est également visible, mais regardez les valeurs associées au graphique. Avec le Classic, j'obtiens +0,264 sur le bleu, contre +0,090 sur le BlackSeries.
Qu'est-ce que cela signifie concrètement ? Voici une échelle que je vais désormais réutiliser dans mes prochains tests :
| Déviation RGB relative | Score | Impact visuel estimé | Interprétation |
|---|---|---|---|
| < 0,03 | 0 | Invisible | Écart normalement imperceptible. |
| 0,03 à 0,07 | 1 | Très faible | Écart très léger, rarement gênant. |
| 0,07 à 0,12 | 2 | Faible mais visible | Dérive perceptible sur un blanc ou une image neutre. |
| 0,12 à 0,20 | 3 | Modérée | Dérive visible dans une comparaison directe. |
| 0,20 à 0,35 | 4 | Forte | Dérive clairement visible, impact probable sur le rendu. |
| > 0,35 | 5 | Très forte | Dérive importante, difficile à ignorer. |
Le NothingProjector BlackSeries provoque donc une déviation faible mais visible sur le bleu, tandis que le NothingProjector Classic génère une dérive nettement plus visible, qui demandera davantage de correction côté projecteur. Dans la pratique, cela se traduira principalement par une réduction assez importante du bleu dans la balance des blancs.
Angle de vision
Les écrans de ce type annoncent souvent un angle de vision très large (par exemple 170°). En pratique, cela ne pose généralement aucun problème pour les personnes assises face à l'écran, mais les spectateurs placés sur les côtés perçoivent souvent une image plus sombre.
J'ai mesuré la luminance sous différents angles et j'ai été surpris de constater qu'il y avait très peu de perte, même sur des angles importants. C'est clairement un point positif pour cet écran, car j'ai déjà testé des modèles dont l'angle de vision était beaucoup plus étroit et qui pénalisaient fortement les personnes assises aux extrémités du canapé.
Uniformité
J'ai mesuré l'uniformité de l'écran avec un projecteur à focale ultra courte puis avec un projecteur à focale longue. Cet écran est conçu pour un projecteur UST, mais il reste utilisable avec un projecteur classique à condition d'accepter certains compromis.
Projecteur à focale ultra courte
Avec un projecteur de ce type, la distribution de luminance ressemble à un lever de soleil : la luminance est plus élevée en bas au centre puis diminue progressivement avec la distance. En tenant compte de cette dégradation naturelle, j'obtiens un score d'uniformité de 66 %. C'est le premier écran que je mesure avec cette nouvelle méthode, je n'ai donc pas encore suffisamment de points de comparaison.
Projecteur à focale longue
Le comportement est ici totalement différent, car l'écran utilise des lamelles qui captent la lumière venant d'en haut afin de la renvoyer vers le spectateur. Mon projecteur à focale longue était placé approximativement à la hauteur du centre de l'écran. La zone centrale devient donc paradoxalement la moins lumineuse, car cette lumière est renvoyée dans une autre direction.
C'est la partie inférieure de l'écran qui devient la plus lumineuse, car les lamelles jouent ici leur rôle en captant la lumière provenant d'un point plus élevé pour la rediriger vers l'avant.
Avec ce type de projecteur, vous perdez donc non seulement davantage de luminosité qu'avec un projecteur UST, mais la luminance varie également fortement selon la position du projecteur. Sur les grandes diagonales, vous aurez très probablement plusieurs zones de luminance différentes. L'idéal serait donc de placer le projecteur en position haute afin de limiter ce phénomène.
Speckle
J'ai testé cet écran avec plusieurs projecteurs ayant une faible propension à générer du speckle, et je n'ai pas observé d'impact particulier avec cette toile. Je n'ai malheureusement pas de « mauvais élève » sous la main pour vérifier si, dans le cas d'un projecteur générant beaucoup de speckle, l'écran est capable d'atténuer le phénomène.
Bruit de fonctionnement
Les écrans motorisés produisent toujours du bruit lors du déploiement, et certains modèles peuvent être particulièrement bruyants. J'ai mesuré environ 50 dB à proximité de l'écran pendant son ouverture. Cela peut paraître élevé, mais c'est nettement moins que les 59 dB relevés sur l'autre écran motorisé NothingProjector que j'ai testé. L'écran reste donc audible, mais pas au point de réveiller quelqu'un dans la pièce d'à côté.
Odeur chimique
La plupart des écrans de ce type dégagent une odeur chimique assez désagréable durant les premières heures d'utilisation. Cet écran n'échappe pas à la règle : l'odeur est bien présente au déballage, mais elle se dissipe relativement rapidement. Il ne m'a pas fallu plusieurs jours pour m'en débarrasser, contrairement à certains autres écrans que j'ai pu tester.
Comparatif
J'ai comparé ce NothingProjector Classics à deux autres écrans testés dans les mêmes conditions, car évaluer un écran de manière isolée n'a finalement pas beaucoup de sens. Une comparaison permet de mieux situer ses qualités et ses limites.
J'ai d'abord utilisé un écran blanc classique avec un gain de 0,96. Ce type d'écran n'est pas adapté aux projecteurs UST, et cela se voit très clairement dans les chiffres. J'ai ensuite comparé le Classics à l'autre écran floor rising de NothingProjector utilisant une toile BlackSeries.
vs écran blanc
Un écran blanc classique renvoie la lumière de manière uniforme dans toutes les directions. Cela signifie que la lumière provenant d'en bas est en grande partie réfléchie vers le plafond au lieu d'être renvoyée vers le spectateur.
Dans l'obscurité, ce n'est pas forcément un gros problème, sauf si vous n'aimez pas voir votre mur et votre plafond s'illuminer pendant les scènes claires. En pleine lumière, par contre, c'est une combinaison à éviter, car l'image devient tellement délavée qu'elle finit par être difficilement regardable.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. J'ai mesuré une luminance de 82 cd/m² pour le blanc sur le NothingProjector Classics, contre seulement 47 cd/m² sur l'écran blanc. Cela représente une perte de 43 % depuis la position de l'observateur.
Cela peut sembler contre-intuitif qu'un écran gris produise une image plus lumineuse qu'un écran blanc, mais c'est précisément là que la structure en lamelles joue un rôle essentiel. Une grande partie de la lumière qui partirait normalement vers le plafond est ici redirigée vers le spectateur.
La perte de luminosité est donc très importante sur un écran blanc, mais le niveau de noir y est également beaucoup moins bien contrôlé. Le noir apparaît rapidement grisâtre. En pratique, le niveau de noir est presque deux fois plus lumineux que sur un écran ALR.
vs écran NothingProjector BlackSeries
La comparaison avec un écran blanc permet surtout de montrer la différence entre deux technologies très différentes. Les chiffres sont clairement en faveur de l'écran ALR. Mais qu'en est-il lorsqu'on compare le Classics à un autre écran ALR ?
Le NothingProjector BlackSeries affiche un gain théorique de 0,6, et j'ai mesuré un gain réel de 0,62. On se retrouve donc avec un écran nettement plus sombre que le Classics. Ce n'est cependant pas un défaut : le BlackSeries a justement été conçu pour privilégier le contraste.
Lumière du jour
NothingProjector Classics :
* gain blanc : 0,74
* gain noir : 0,56
* gain de contraste : 150 %
NothingProjector BlackSeries :
* gain blanc : 0,53
* gain noir : 0,22
* gain de contraste : 247 %
Obscurité
NothingProjector Classics :
* gain blanc : 0,8
* gain noir : 0,66
* gain de contraste : 21,9 %
NothingProjector BlackSeries :
* gain blanc : 0,5
* gain noir : 0,44
* gain de contraste : 35 %
Le Classics conserve donc davantage de luminosité, tandis que le BlackSeries privilégie clairement le contraste et le contrôle du noir.
Conclusion
NothingProjector est une marque relativement jeune, mais en quelques années elle est parvenue à s'imposer comme une référence dans le domaine des écrans ALR offrant un bon rapport qualité/prix. J'avais déjà obtenu de bons résultats avec la gamme BlackSeries, et c'est maintenant au tour de la gamme Classics de trouver sa place.
Les écrans ALR Classic sont moins coûteux. On pourrait donc penser qu'ils sont simplement moins bons que les BlackSeries. C'est en partie vrai, mais il faut surtout comprendre où se situent réellement les différences.
D'un point de vue mécanique, cette nouvelle série est meilleure que la précédente. L'écran est nettement moins bruyant et l'odeur chimique est moins prononcée. Si je me concentre ensuite sur les performances de la toile, je constate que le Classic génère une déviation colorimétrique plus importante que le BlackSeries, avec un renforcement marqué du bleu et une légère accentuation du rouge. C'est un comportement classique pour un écran ALR, mais le BlackSeries maîtrise mieux ce phénomène.
Le constat est similaire pour le contraste. Le Classics permet déjà une amélioration sensible du contraste (+21,9 %), ce qui reste un bon résultat. Le BlackSeries fait toutefois mieux avec un gain de contraste atteignant 35 %.
Ce test est sans doute assez dense à lire, mais mon objectif est de vous fournir un maximum d'informations afin que vous puissiez comprendre l'impact réel de ce type d'écran sur l'image et choisir en connaissance de cause.
La conclusion, par contre, est plus simple.
Le NothingProjector Classic est un écran ALR aux qualités indéniables. Son gain modéré permet d'obtenir des noirs plus profonds sans sacrifier excessivement la luminosité. Le gain de contraste est réel, mais il faudra accepter une dérive plus importante sur le bleu. Cette dérive peut en principe être corrigée via les réglages du projecteur ou par calibration.
Forces
* gain de 0,8 (ni trop élevé, ni trop faible)
* contraste en hausse de 21,9 %
* angle de vision large
* moins bruyant que le modèle précédent
* bonne absorption de la lumière ambiante
Faiblesses
* déviation visible sur le bleu
* très lourd (n'espérez pas le déplacer facilement d'une pièce à l'autre)
LAURENT WILLENChef de moi-même sur ce blog
Geek à temps plein, je partage mes passions sur mon blog pendant mon temps libre depuis 2006, je préfère ça que de regarder des bêtises à la télé ou sur les réseaux sociaux.Je travaille seul, je suis sans doute un des derniers survivants de l'univers des blogs et sites persos.
Ma spécialité? Le digital sous toutes ses formes. J'ai passé ces 25 dernières années à travailler pour des multinationales où j'ai géré des équipes digitales et généré des revenus de plus de 500 millions € par an. J'ai de l'expertise dans les telecoms, les medias, l'aérien, le voyage et le tourisme. A partir de 2024, l'intelligence artificielle s'est également installée dans ma routine quotidienne mais mes tests sont toujours 100% humain.


















































Questions/Commentaires